Image

| Bienvenue sur le site de la compagnie Hors Champ |


La compagnie

Hors champ :
terme cinématographique, ne pas être dans le cadre de la caméra.

Pour nous, Compagnie de théâtre, cela signifie sortir volontairement du cadre, trouver des angles de vues ouvrant d’autres horizons . C’est être curieux, animés du désir de comprendre, d’apprendre, de voir . C’est prendre appui sur le postulat suivant :

dire c'est agir , le théatre est texte-dire, donc le théâtre est action.

Théâtre qui questionne à partir d'écritures contemporaines aux formes différentes qu'elles soient le fruit de rencontres et d'échanges avec des immigrés d'Afrique du Nord, porteurs de réalités d'aujourd'hui ou celles d'auteurs contemporains, porteurs de questionnement fondamentaux sur l'homme et le citoyen.

Pour Hors Champ, c'est explorer par l’acte artistique des questionnements au-travers d'écritures différentes.

La compagnie Hors Champ est soutenue par le Conseil général du Var, le Conseil Régional PACA, la DRAC PACA, Théâtres en Dracénie et la ville de Lorgues. Elle bénéficie d’une résidence au collège de Figanières jusqu’en juillet 2012 et sera également en résidence de travail du 16 au 20 janvier 2012 à l’Entre-Pont à Nice.


Projet artistique

Voici 8 années d'existence pour la Compagnie Hors Champ et l'affirmation de plus en plus précise de mes choix.

Mes références de metteurs en scène, Antoine Vitez et Claude Regy, "les pères", Daniel Mesguich, Patrice Chéreau, Bruno Bayen, pour ne citer que les plus importants, me disposent à un théâtre non naturaliste, un théâtre qui agit et surprend. Le théâtre n'est pas la réalité mais il en représente un point de vue qui doit amener l’inattendu, qui questionne.

La démarche n'est donc pas nouvelle, elle s'inscrit dans une filiation de metteurs en scène.

Chaque création est la rencontre de deux histoires, celle de l’auteur et la mienne, mises en jeu dans le même temps et dans le même espace: une se raconte avec les mots du texte et l'autre se traduit par des images. Dans la confrontation de ces deux plans se trouve le décalage qui génère le trouble chez le spectateur, en dehors de toute psychologie.

Mon théâtre n'est pas confortable. Et de cet inconfort surgit une déstabilisation.

L'enjeu de mes mises en scène se situe là:
faire surgir et cohabiter, en même temps, plusieurs sens découlant d'un seul texte. Mon univers s'ajoute à celui de l'auteur. Ils se juxtaposent, se croisent, peuvent se fondre, se confondre, être parallèles, disparaître l'un dans l'autre et ressurgir. Il ne s'agit pas d'expliquer, il s'agit de nourrir en montrant à voir des contrepoints. Il s'agit de plusieurs voix qui parlent, chacune à sa manière en même temps. De cette polyphonie naît le désordre, du désordre naît le questionnement.

Le travail se fait donc dans un décalage:
décalage du texte par rapport à l'image, au son, au jeu des comédiens. Les références sont brouillées parce que je vais aussi faire appel à des codes différents. Si je reprends chronologiquement les créations de la compagnie, je m'aperçois que pour chacune l'enjeu se situait bien dans ce décalage.

Dans cette démarche, les textes de théâtre d'auteurs contemporains s'inscrivent naturellement, d'autant mieux qu'ils détournent les codes traditionnels de la dramaturgie.

Ils laissent même une large place dans les blancs entre les lignes, l'absence de didascalies, et même la disparition des personnages nommés. La place de l'écriture du metteur en scène est déjà intégrée dans le texte de l'auteur, et si ce dernier se permet de signifier quelques indications scéniques, elles restent de l'ordre du choix ou du clin d'oeil, un avis.

Les textes d'auteurs contemporains sont vierges, non marqués par le temps, le champ est libre. Dans ce contexte actuel de recherche d'écritures théâtrales, j'inclus mon histoire et ma recherche de metteur en scène.

Frédéric Valet, février 2012